Luxury Talks

L’interview Luxe et Digital de Céline Lippi, co-fondatrice de Fashion Capital Partners!

  • Stéphanie Mezin
  • avril 27, 2016

S’il y a 7 questions dans cette interview, ce n’est pas le fruit du hasard. Le chiffre 7 est celui de la connaissance, de la curiosité, de la quête de vérité, de la prise de recul, de l’ouverture d’esprit ; des valeurs chères aux yeux de MDLG.

Aujourd’hui nous accueillions Céline Lippi, co-fondatrice et Directrice Générale de Fashion Capital Partners.

Fashion Capital Partners est la première société d’investissements à l’intersection de la mode, du luxe et des technologies. Fashion Capital Partners accompagne des starts ups en amorçage. Son portefeuille se compose aujourd’hui des sociétés AskAnna, Babbler, Early Birds, Easysize, Etudes Studio, Izberg, Precouture.com, TrendAlytics, …

Question introductive : Quelle est votre définition du digital ?

Pour moi c’est un accélérateur de développement, de croissance et de créativité. Il fait partie intégrante de la stratégie d’une marque.

1) Parlez-nous de Fashion Capital, comment en êtes vous arrivée à créer un tel fonds ?

Suite à une première initiative à l’intersection de la mode et des technologies Fashion & Technology Lab qui avait pour but de créer du lien entre Innovation et Créativité et renforcer un écosystème regroupant les industriels de la Mode, du Luxe, des High-Tech, les Start-ups et les Investisseurs. Nous avons identifié un vrai manque dans la chaine de financement de la mode à cette époque là, personne sur la place de Paris n’assurait ce rôle d’amorçage et d’accompagnement. Fashion Capital Partners est né de cette idée.

2) La Fashion Tech. Un joli mot mais qu’est-ce-que cela comprend ?

Fashion-Tech est un terme générique derrière lequel nous incluons les start-ups à l‘intersection de la mode, du luxe, de la beauté, du digital et des Technologies. Ces start-ups ont dans leur ADN une composante Innovation indéniable.  Il peut s’agir d’innovation technologique, ou de procédés ou  des nouveaux business model. Les puristes sont tentés de dire que c’est de la « technologie qui adresse l’industrie de la mode »; c’est en fait tout ce qui peut créer un nouvel usage, améliorer  un process ou créer une rupture avec un ou des éléments de la chaine de valeur (matériaux, conception, modélisation, procédé, fabrication, connaissance et reconnaissance clients grâce big data, personnalisation, communication, digitalisation[1] et intégration du commerce les wearables,…) pour repousser les frontières de l’industrie de façon à façonner le futur de l’industrie !

3) Jusqu’à présent, qu’est ce que les technologies numériques ont apporté à l’industrie de la mode ?

Beaucoup et depuis longtemps On parle aujourd’hui de Big Data, il y a 20 ans on parlait de Data Warehouse, Data Mining, One to One Marketing. ! Au niveau de la conception et de la production, beaucoup de choses sont déjà en place. Lectra* par exemple contribue efficacement à cette industrie.

*Lectra possède un ADN unique qui combine expertise, conseil et innovation, reposant sur les meilleures pratiques pour accompagner ses clients dans la mise en œuvre de leurs stratégies pour soutenir leurs objectifs de croissance.

4) En tant qu’investisseur, pourquoi investir dans des marques qui mêlent mode et technologie ?

Aujourd’hui, nous n’avons pas investi dans des modèles dits  pure players comme peut l’être Everlane ou  Finery, une marque britannique de mode féminine ne vendant qu’en ligne qui emprunte les codes du luxe, déjà très mature avec une vraie capacité à maitriser l’ensemble des process. Quand on maitrise tous les mécanismes de tractions et d’acquisition, les marques prennent déjà une belle avance. Cela fait partie des nouveaux business models intéressants à considérer en tant qu’investisseurs. Selon moi, les pure players développeront cependant à un moment donné un réseau physique de boutique pour incarner leur marque.

5)  Si une marque de mode n’investit pas dans la technologie, se met-elle en danger pour le futur?

Les marques globales n’ont pas d’autre choix que d’embrasser la technologie. Comme nous le disions précédemment elles le font à différents niveaux.

Maintenant, les marques sont-elles obligées de créer un objet connecté pour réussir ? Non pas forcément! D’autant que se lancer dans la création, production et maintenance d’objet comportant du hardware et du software est un tout autre métier. En revanche explorer des collaborations judicieuses, oui !

L’objectif est de conserver l’ADN de la marque en lui associant des attributs technologiques. Cela doit évidemment demander des adaptations de la part des équipes…c’est une autre chaine de production et cela demande de nouvelles compétences. C’est dans l’air du temps !

6) Dans quelle mesure la technologie numérique sera-t-elle bénéfique pour l’industrie de la mode dans un avenir proche? Le futur des wearables ?

Ce sont deux mondes qui peuvent paraitre à la base antinomiques. Les frontières tendent à s’effacer en partie grâce aux transformations culturelles engagées par certains groupes de mode et de luxe. L’innovation, les technologies deviendront complètement transverses et impacteront l’ensemble de l’organisation.

Le futur des wearables : Le lancement à Paris de l’Apple Watch Edition, avec son boitier en or, en présence de Karl Lagerfeld et de Anna Wintour chez Colette marque un tournant pour le secteur des Wearable Tech. L’adoption des objets intelligents et connectés aura été finalement significativement plus rapide que celle des Smartphones qui eux mêmes avaient supplanté toutes les autres mediums de communication. Si ce marché a finalement réussit à susciter la curiosité et l’intérêt des grands groupes de luxe, l’enjeu et le paradoxe demeurent : comment insérer de la technologie périssable dans des objets sensés être « éternels » et « atemporels ».

L’expérimentation va donc se poursuivre notamment avec une volonté d’intégrer la technologie au processus créatif des designers avec le souci de la rendre totalement invisible et d’y apporter les indispensables valeurs émotionnelles et esthétiques. Autant d’opportunités de collaboration pour les start-up Fashion-Tech.

7)      Quelle est Votre Fashion tech Priority pour 2016 – 2017 ? !

Continuer à renforcer les liens au sein de l’écosystème des start-up et des grands groupes de luxe et de mode. Evidemment supporter les entreprises au sein de notre portefeuille et identifier de nouvelles start-up innovantes en France et à l’international qui excellent dans des domaines précis comme le big data notamment même si, sans faire de préférence nationale, nous souhaitons donner priorité à l’écosystème français.

Portrait chinois

Si vous étiez un objet connecté fashion ?

Un bracelet connecté.

Si vous étiez le comble du Luxe ?

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

Charles Baudelaire

Si vous deviez créer une startup autour de la fashion tech, ce serait quoi ?

Je me dirigerais sur des sujets autour du big data,  l’analyse prédictive pour  une meilleure connaissance des clients et de leurs comportements.

Vos 3 marques préférées ?

Hermès, Chanel, Apple.

Quelle question poseriez-vous à l’invité suivant ?

Parlez-moi de vous.

La question de l’invité précédent : Comment feriez- vous demain s’il n’y avait plus Internet ?

Réponse :

Demain ça serait compliqué ! Si ça devenait une vraie réalité je pense que l’homme se réinventerait et qu’il s’adapterait.

[1]  Convergence entre le digital et le Physique (Digital x Physical)

 

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