Innovation

L’interview Luxe & Digital de Claire Ritter, directrice Marketing de Jweel

  • Raphaël Malka
  • janvier 23, 2015

Chers Galaxynautes,

Aujourd’hui nous sommes ravis d’accueillir Claire Ritter, Directrice Marketing de Jweel.

Question introductive : Quelle est votre définition du digital ?

Un formidable instrument instigateur de créativité, d’expérience et de diffusion de l’information.

  • Les codes du luxe sont-ils les mêmes dans le digital et dans le monde physique ?

Oui et non. En terme d’exigence je pense que les codes du luxe proches de l’excellence doivent se retrouver sur la Toile à part entière. Le web reste une (immense) vitrine de la marque qui doit conserver son côté exceptionnel, prestigieux et authentique.
En terme d’expérience client, le digital crée ses propres codes. Premièrement parce qu’un produit de luxe se doit souvent d’être appréhendé avec les cinq sens pour en apprécier la valeur et que c’est impossible avec le numérique. Il s’agit donc de construire une nouvelle communication adaptée à ce support qui tissera avec le consommateur un lien émotionnel similaire. Ensuite parce que le digital est un point de contact avec les clients d’une marque, mais aussi avec les non-clients. C’est une porte d’entrée inédite à tout un panel de nouveaux consommateurs (les fameux “Digital Natives” dont je fais partie) qui ont leurs habitudes et leurs codes propres, auxquels il faut s’adapter.

  • Comment s’intègre le digital dans l’organisation de votre entreprise ?

Jweel est une startup du web et donc totalement organisée autour du digital. Nous mettons à la disposition du consommateur des outils de création et de personnalisation de bijoux en 3D et fédérons une communauté de créateurs et de clients autour de ces outils (place de marché). Nous ne vendons que sur la toile. La fabrication des bijoux (par impression 3D) et la logistique sont assurées par un partenaire.

bijoux 3D Jweel

Exemple de bijou 3D crée par la communauté

 

  • Quelle est votre journée Type ?

Aucune journée ne ressemble à une autre dans une startup, c’est ce qui me plaît ! Les objectifs et priorités de la semaine sont définis avec l’équipe mais notre quotidien nécessite polyvalence et adaptation.

  • Que recherchez-vous sur les réseaux sociaux ? De la visibilité ? Des ventes ? De l’interaction ?

Au delà de la visibilité et des ventes que les réseaux sociaux nous apportent, ils sont également au coeur de notre stratégie de communication. Le consommateur est encore très peu habitué à se procurer un produit qu’il a lui même imaginé et mettre des outils à sa disposition pour créer un objet n’est pas suffisant. L’enjeu pour nous est de construire et d’animer une réelle communauté d’amateurs, de créatifs et d’acheteurs autour d’une nouvelle offre: le bijou totalement personnalisé. Les réseaux sociaux sont de ce fait un terrain privilégié pour communiquer, développer notre concept, informer, dialoguer et interagir avec tous les membres de cette communauté.

  • Selon vous, l’impression 3D constitue t-elle une menace ou une opportunité pour l’industrie du luxe ? Explicitez votre point de vue.

Une opportunité ! Un des grands intérêts de l’impression 3D, outre la création de matériaux nouveaux ou des possibilités illimitées de designs offerts par cette technologie, réside à mon sens dans la personnalisation, voire l’ultra-personnalisation. Et cette notion est loin d’être étrangère au luxe, c’est même inscrit dans son ADN : le client cherche des produits uniques, exceptionnels pour se différencier. C’est donc en toute complémentarité que l’impression 3D offre de nouvelles possibilités à l’industrie du luxe pour offrir à ses clients des produits qui le représentent et qu’il pourra s’approprier, à des coûts moindres.
La destruction de valeur est à mon sens un faux problème, l’impression 3D n’ayant pas vocation à se substituer aux professions artisanales. Dans le secteur de la bijouterie par exemple, cette notion du fait-main est toujours présente, les bijoux en or et en argent sont post-traités manuellement et le moule en cire est imprimé en 3D. D’ailleurs, beaucoup de marques utilisent déjà la technique sans forcément communiquer sur le sujet.
Je mettrais néanmoins un petit bémol concernant la propriété intellectuelle, car la menace existe clairement. Il va falloir que le secteur se dote d’un cadre juridique plus clair visant à protéger les modèles de la contrefaçon.

  • Pourquoi, selon vous, la plupart des marques de luxe refusent la conversation sur les réseaux sociaux ?

Je pense qu’au delà d’un simple refus, il y a une difficulté pour certaines marques de se positionner sur un médias de conversation, qui implique par nature une transparence qu’il n’est pas forcément stratégiquement désirée. Beaucoup d’entre elles cultivent un certain mystère autour de ce qui les rend unique. Par ailleurs, les réseaux sociaux permettent une proximité, une relation plus intimiste avec la marque. Il est complexe de s’adapter au ton souvent familier qu’on y retrouve quand on tient à garder une image prestigieuse. Trouver le bon équilibre n’est pas évident. Pour Jweel, la conversation sur les réseaux sociaux est au contraire nécessaire car elle nous permet d’écouter, de prendre la température et d’intéragir avec notre notre communauté.

  • Quelle est Votre Digital Priority pour 2015 ?!

En tant que startup, augmenter notre notoriété, améliorer notre visibilité mais également l’expérience client. Nous souhaitons développer et mettre en ligne de nouveaux outils et de nouvelles fonctionnalités afin d’offrir une gamme plus large de produits (bracelets, boucles d’oreilles etc.) et perfectionner l’existant. Nous avons du pain sur la planche !

 Portrait chinois

Si vous étiez un objet imprimé en 3D, que seriez-vous ?

Un bijou, bien entendu !

Si vous étiez le comble du Luxe ?

Ne pas en faire étalage comme dirait K. Lagerfeld !

Vos 3 marques préférées ?

Hermes pour son prestige et son artisanat, Manolo Blahnik pour le style (et parce que je suis une inconditionnelle des chaussures comme beaucoup de femmes !) et Burberry pour sa communication digitale innovante.

Quelle question poseriez-vous à l’invité suivant ?

Jusqu’où une marque de luxe peut-elle pousser la logique de personnalisation des produits ou des services?

La question de Barbara Houdayer: Dans la situation économique actuelle, des marchés occidentaux aux nouveaux marchés du luxe, quels seront les atouts des marques de luxe pour rester solides en 2015 ? Comment le digital peut-il y jouer un rôle ?

Premièrement l’innovation. Une capacité à se réinventer et à renouveler sans cesse ses concepts tant sur le plan du produit que de la communication. Il est à mon sens indispensable d’adopter une stratégie multi-canale intégrant le digital comme un média à part entière et développer des passerelles web-to-store/store-to-web innovantes et différenciantes.
Ensuite la personnalisation, qu’elle soit sur le produit, l’accompagnement commercial ou encore sur la communication. Elle est et sera de plus en plus au coeur des attentes du consommateur, il attend de la marque qu’elle s’adapte à lui. Le digital offre de nouvelles possibilité de personnalisation qui permettent aujourd’hui de créer un sentiment encore plus fort d’appartenance à la marque.

Une réponse à “L’interview Luxe & Digital de Claire Ritter, directrice Marketing de Jweel”

  1. jerome pineau dit :

    Bizarre qu’ils ne soient pas sur IG à moins que la majorité de leurs clients soient des femmes ce qui me parait logique.

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